Nos derniers articles

JEAN-LUC MELENCHON – DÉGATS COLLATÉRAUX

J

Le Cercle Patriam Recuperare, fraternelle maçonnique interobédientielle mixte qui rassemble les partisans de la sortie de la France de l’Union Européenne, de l’Euro et de l’Otan ne cautionne en aucune manière l’attitude outrancière de Monsieur Jean-Luc Mélenchon lors des perquisitions qui ont été diligentées par la justice à son domicile, aux domiciles de plusieurs de ses collaborateurs ainsi qu’aux sièges des partis politiques en lien avec sa personne.

Pour autant nous trouvons regrettable que l’appartenance de Jean-Luc Mélenchon au Grand Orient de France ait été dévoilée alors que lui-même a toujours refusé de répondre à cette question arguant que cela relevait de la vie privée.

Il est dommageable que certaines personnes se complaisent à organiser la fuite d’informations confidentielles vers la presse. Ainsi apprend-on que Jean-Luc Mélenchon ferait l’objet d’une procédure de suspension temporaire votée à une écrasante majorité (30 membres sur 33) par une instance disciplinaire de l’ordre.

La riposte ne s’est pas fait attendre et une pétition circule pour condamner « l’inquisition en Franc-Maçonnerie » dont Monsieur Mélenchon serait la première victime.
Nous reproduisons ci-dessous le texte en question. 

« Non à l’Inquisition en Franc-Maçonnerie !
Les Sœurs et les Frères soussignés du Grand Orient de France, informés de la décision du Conseil de l’Ordre du GODF, de saisir  la Chambre Suprême de Justice Maçonnique pour traduire le Frère Jean-Luc Mélenchon
 afin de l’exclure de l’Obédience pour des questions totalement profanes qui n’ont rien à voir avec son appartenance maçonnique, sont profondément révoltés et indignés.
La Franc-Maçonnerie n’a rien à faire dans ce problème. Il s’agit de l’attitude d’un Élu de la République qui estime que son droit de citoyen est bafoué par une justice à deux vitesses. «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir» disait déjà en son temps Jean de la Fontaine. Un Enfant de la Veuve peut ne pas partager le point de vue du Frère Jean-Luc Mélenchon en la matière, mais il est une autre chose que le Conseil de l’Ordre veuille l’exclure pour des raisons profanes.
Serions-nous revenus au temps de la Maçonnerie impériale, de la Maçonnerie d’Etat, où il ne fallait pas déplaire aux puissants, incarnés par le bras séculier du Pouvoir, de la Justice et de la Police ?
Pour les 4 Sergents de la Rochelle, et les Frères Joseph Proudhon, Michel Bakounine, Jules Vallès, Auguste Blanqui, Guiseppe Garibaldi, Paul Lafargue, Charles Longuet, Pierre Leroux,  Elie et Elisée Reclus, Fréderic  Desmons, Jean Zay, Pierre Brossolette, le colonel Eychenne fondateur de Patriam recuperare;
Nous disons Non ! Honte au Conseil de l’Ordre !
Nous appelons les Sœurs et les Frères du Grand Orient de France à manifester leur opposition à une telle mesure d’intolérance antimaçonnique. La Franc-Maçonnerie doit rester le Centre de l’Union et rassembler ce qui est épars. Toute affirmation dogmatique d’intolérance et de  pensée unique doit être bannie à jamais du Grand Orient de France.

Eyschen Christian
Vénérable Maître d‘Honneur de la Respectable Loge L’Homme libre – 32e REAA »

Pour notre part, il nous a été récemment relaté les faits suivants. Un profane a vu sa candidature refusée au sein d’une autre obédience que le GODF parce qu’il avait critiqué l’Union Européenne. Si la révélation de tel fait devait se multiplier à l’endroit de tout profane non formaté par la pensée unique, si les sanctions disciplinaires s’abattaient sur tout membre de nos obédiences au motif de déviance idéologique à la mondialisation ultra-libérale qui semble s’être substituée aux principes de la maçonnerie universelle, alors oui nous pourrions condamner la mise en place par nos obédiences d’une police de la pensée et donner crédit aux propos de ce Frère du Grand Orient qui dénonce pour sa part «l’inquisition en franc-maçonnerie».

Si nous n’y prenons pas garde, la sélection à l’entrée de nos temples de clones à l’idéologie formatée et l’exclusion disciplinaire ou suggérée de nos membres qui ne correspondent plus à la doxa du nouveau monde, risque bien de tuer la maçonnerie.

Stephane SIMON
Président du Cercle Patriam Recuperare

Débat : La France va-t-elle disparaître ? Emmanuel Todd – Aurélien Enthoven – François Asselineau

D

Plusieurs membres de notre fraternelle, le CERCLE PATRIAM RECUPERARE étaient présents à l’université d’automne de l’UPR le 27 et 28 octobre 2018.

Retrouvez le premier débat autour de la question :
LA FRANCE VA-T-ELLE DISPARAITRE ?
Pour y répondre :
François Asselineau
(HEC, ENA, inspecteur général des finances, président-fondateur de l’UPR, ancien candidat à l’élection présidentielle de 2017).
Emmanuel Todd
(démographe, historien, essayiste, prospectiviste, anthropologue, auteur de nombreux essais à succès, engagé politiquement, ancien chercheur à l’INED).
Aurélien Enthoven
(adhérent et militant UPR, et YouTubeur à succès) qui sera quant à lui, chargé d’animer et de modérer ce débat.

 

LE CSA REPOND AUX NOMBREUSES PLAINTES DES ADHERENTS DE L’UPR

L

Le Cercle Patriam Recuperare avait, comme de nombreuses personnes, déposé un signalement auprès du CSA concernant la présentation de l’UPR, à l’antenne sur une chaîne de France Télévision, comme faisant partie de l’extrême droite.

4 mois après les faits, le CSA a considéré qu’une faute avait été commise par France 5. Un rappel au respect de l’article 35 de son cahier des charges a été adressé à la chaîne par le CSA.

Le Cercle Patriam Recuperare considère que le rappel à l’ordre de France Télévision ne peut être la seule et unique réponse au préjudice moral porté à François Asselineau, à son mouvement l’UPR à ses adhérents ainsi qu’à ses électeurs. La chaîne France 5 doit ouvrir son antenne à François ASSELINEAU, au titre du droit de réponse. C’est une question de justice et d’honnêteté intellectuelle.

Pour rappel notre acticle de juin 2018

LE TRAITEMENT DE L’UPR PAR LES MEDIAS DOMINANTS

LE PLAN B – DIGRESSION AUTOUR DU FREXIT

L

Le Plan B, une illusion des alter-européens pour anesthésier le citoyen ? 
Dans cette vidéo, Frédéric LORDON* exprime son point de vue sur la notion de « PLAN B ». Une intervention décapante qui en somme, redéfinit la réalité de la situation. Le plan B, qui se voudrait autre chose que le plan « B comme broutille », s’incarne par la sortie de l’euro. Cependant, ce que ne dit pas Frédéric LORDON c’est que la sortie de la zone euro a été rendue impossible par le verrouillage des traités. La seule solution démocratique pour sortir de l’euro, qui respecte le droit international et les traités signés, c’est la sortie de l’Union européenne par l’article 50.

* Frédéric Lordon, né le 15 janvier 1962, est un économiste et sociologue français. Il est chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE) en sociologie économique sous le statut de directeur de recherche au CNRS . Il est chercheur en philosophie depuis 2012 à la section 35 du CNRS (Sciences philosophiques et philologiques, sciences de l’art). Il est membre du collectif  « Les Économistes atterrés » .

ASSELINEAU DÉCRYPTÉ PAR ONFRAY & POLONY

A

Dans ce montage vidéo, vous entendrez les commentaires du philosophe Michel ONFRAY ainsi que de la journaliste Natacha POLONY sur le positionnement politique de François ASSELINEAU et les propositions de son parti, l’Union populaire républicaine (UPR).
Il est assez rare d’entendre des intellectuels traiter du fond des problèmes avec honnêteté intellectuelle sans sombrer dans les poncifs habituels, les raccourcis réducteurs et la politique-spectacle qui  s’impose partout.

COMPLOTISME – Dialogues parallèles entre GIGANTORAPTOR et PATRIAM RECUPERARE

C

Pour seuls prolégomènes à cet article, nous vous proposons de visionner (avec l’accord de l’intéressé) la vidéo d’un jeune Youtubeur ( Le complotisme – Retour critique #7 ) dont le pseudonyme M-GIGANTORAPTOR laisse à penser que le jeune homme est féru de paléontologie, jusqu’à l’obsession.

Un a priori quelque peu réducteur et il suffit pour se convaincre du contraire de parcourir sa page FACEBOOK
https://www.facebook.com/mgigantoraptor/
et visionner sa chaine YouTube
ttps://www.youtube.com/user/AstroPaleoBMW/featured
pour comprendre que M-GIGANTORAPTOR est éclectique dans ses passions puisque la maîtrise de la philosophie et de la sociologie semble atteindre un degré de maturité inhabituel chez une personne de cet âge.

 

La genèse
C’est au XVIII siècle, au moment de la révolution française que des acteurs contre-révolutionnaires ou de simples partisans de la monarchie vont théoriser la notion du complot. Ceux-ci ne perçoivent pas la révolution comme la convergence de révoltes populaires multiples plus ou moins spontanées, mais plutôt comme le résultat d’une manipulation populaire ourdie par une minorité qui conspire contre un ordre établi : la religion chrétienne à cette époque et son incarnation politique, la monarchie de droit divin.

Ainsi nait en cette fin du XVIII siècle, la dénonciation du complot maçonnique. Tel le mécanisme d’une horlogerie, les roues s’assemblent dans un mouvement perpétuel qui va traverser les siècles en agrégeant au fil du temps, de nouvelles cibles.

La théorie du complot imprègnera d’autant plus les esprits, que la relative mais progressive baisse d’influence de la religion  laisse l’individu livré à lui-même, sans vision divine, sans vérité révélée.

A la base de la construction d’une théorie conspirationniste, il y a toujours un sophisme. S’il est historiquement reconnu que la Maçonnerie du siècle des lumières a exercé une réelle influence sur la pensée de l’époque au travers des nombreux ouvrages d’écrivains francs-maçons, cela ne peut signifier pour autant qu’il existât une conspiration. L’influence prêtée ou supposée l’être aux francs-maçons doit être comprise, non pas comme un groupe ayant je ne sais quel pouvoir, mais comme des individualités imprégnées des préceptes maçonniques qui portent au dehors l’œuvre commencée dans le Temple. (temple maçonnique)

Nous le constatons, c’est la Franc-Maçonnerie qui cristallise en cette fin du XVIII siècle les attaques des adeptes de la mouvance conspirationniste. Il faudra attendre la fin du XIX pour voir apparaitre la conjonction  entre le complot maçonnique et le complot juif. Cela donnera le complot judéo-maçonnique, concept qui va connaitre son apogée la plus dramatique avec l’avènement du chancelier Adolf Hitler au pouvoir en Allemagne.

Relevons une constante dans l’univers des conspirationnistes, un nouveau complot ne chasse pas le précédent, il se superpose au précédent. L’association faite pour des raisons idéologiques mais aussi pratiques, créée une filiation qui permet d’agréger les nouveaux adeptes tout en conservant les anciens. C’est là sa force mais aussi sa faiblesse.

Qu’en est-il aujourd’hui du conspirationnisme ?
Le conspirationnisme est un phénomène social majeur qui s’est démultiplié avec l’avènement des réseaux sociaux. Il touche peu ou prou 1 français sur 4 et peut atteindre des niveaux d’adhésion préoccupants lorsque l’on soumet certains sujets à un échantillon lors d’une enquête ou d’un sondage. Relevons aussi comme corollaire à l’avènement des réseaux sociaux que le phénomène touche plus distinctement les jeunes. De même, des études font apparaître que les français les moins diplômés, qui votent en majorité pour les partis dits « populistes », sont enclins à adhérer aux thèses conspirationnistes en ce sens qu’elles cherchent à adosser à des faits avérés, un bouc-émissaire selon une logique simpliste uni-causale de narration.

Nous rejoignons M-GIGANTORAPTOR dans son propos, lorsqu’il tente de définir la frontière entre l’hypothèse et le complotisme. Hormis les thèses délirantes que nous excluons du champ du sujet traité, force est de constater que la rapidité avec laquelle  l’information prend naissance et circule, le peu de temps disponible pour décrypter et sourcer et les faibles moyens mis à disposition de la presse, rend problématique, la charge de la preuve qui, comme le dit notre jeune Youtubeur, repose sur celui qui procède à une affirmation. Cependant toute affirmation dont on ne peut asseoir l’authenticité par la présentation de la preuve, ne doit pas devenir ipso facto une thèse complotiste. Le discernement et l’esprit critique sont à la disposition de chacun pour orienter sa pensée.

Rajoutons à cela la propension de certains d’user et d’abuser de la dénomination de complotiste ou conspirationniste, comme une arme de décrédibilisation d’un adversaire. Dans l’arsenal des armes de décrédibilisation assurant d’une mort sociale un adversaire, il y avait « antisémite », « extrême droite », « populiste », il y a maintenant « complotiste ou conspirationniste ».

L’histoire nous éclaire !
Alors que le Cardinal Mazarin avertissait le Roi d’un complot ourdi de l’étranger pour renverser la couronne de France, le jeune Louis écarta d’un « Monseigneur voit des complots partout! ». Piqué au vif, le cardinal-diacre répondit : « Il y a pire folie, Sire, que de voir des complots partout : C’est de n’en voir nulle part« .

Patriam Recuperare

Patriam Recuperare – statistiques du site Internet

P

Depuis l’ouverture du site Internet de Patriam Recuperare, nous constatons, alors que nous sommes en période estivale, une augmentation significative du nombre de visiteurs. Le diagramme ci-dessous montre cette évolution depuis le 18 juin, date de la mise en ligne du site  jusqu’au 15 août 2018

Mise à jour du 21 août 2018
Nous observons un pic de connections le samedi 18 août  (112 connections), le dimanche 19 août (277 connections) et le lundi 20 août (168 connections)
Tout aussi intéressante, cette illustration qui démontre que les visiteurs du site Patriam Recuperare se situent sur l’ensemble du territoire français. Notons cependant que Paris, siège des obédiences françaises, totalise le plus grand nombre de visiteurs avec 146 connections suivi par Bordeaux, ville emblématique qui a vu naitre la maçonnerie en France avec 52 connections.

Mise à jour du 21 août 2018. 

Enfin cette courbe des âges fait apparaitre que 25% des connections sont issues d’une tranche d’âge  comprise entre 25 et 34 ans ce qui est nettement plus jeune que l’âge moyen constaté pour les admissions en franc-maçonnerie. Il y a donc là un phénomène de curiosité très encourageant.

Pour tout renseignement : contact@cercle-patriam-recuperare.fr

 

ASSELINEAU – EA67

A

Nous publions l’entretien d’actualite N°67 de François ASSELINEAU

00:08 Suite de l’affaire Benalla
16:59 Plan d’aide de la Grèce
21:56 Point sur le Brexit
23:13 Immigration en Europe
25:52 Relation entre les États-Unis et la Turquie
27:42 Relation entre les États-Unis et l’Iran
42:33 Renvoi de l’ambassadeur du Canada à Ryad
47:08 Attaque au drone explosif sur Maduro
51:07 Évolution concernant les offices notariaux
57:54 Hommage à Joël Robuchon
01:02:23 Conclusion

PATRIAM RECUPERARE FICHÉ PAR DISINFOLAB-EU (matricule 38549)

P

Cela pourrait devenir une nouvelle affaire dans l’affaire. En marge de ce qu’il est convenu d’appeler le BenallaGate, nous apprenons qu’une « ONG », sous couvert de statistiques, a fiché plusieurs détenteurs de compte TWITTER dont Patriam Recuperare (matricule 38549). Ces statistiques ont pour objet de mettre en évidence qu’un pourcentage significatif de posts concernant l’affaire Benalla-Macron est issu d’un nombre infime de compte Twitter. L’ombre du Kremlin plane une fois encore au-dessus de l’exploitation qui est faite de cette affaire d’état.

Il serait opportun d’enquêter sur « DISINFOLAB-EU » présentée abusivement comme une « ONG ». Voici 2 liens vers des articles qui soumettent les premiers éléments de réponses aux questions que nous nous posons.

https://www.les-crises.fr/nicolas-vanderbiest-et-le-eu-disinfolab-a-l-origine-d-une-intox-l-affaire-benalla-produit-de-la-russosphere/

https://www.les-crises.fr/tous-fiches-comment-twitter-permet-le-fichage-politique-de-la-population/

Cette affaire dans l’affaire arrive à point nommé. Le « théorème » de Charles Pasqua est devenu une référence des scandales politiques, consistant à rendre illisible une affaire en créant des scandales dans le scandale. Ce qui donnait avec sa verve méditerranéenne :

« Quand on est emmerdé par une affaire, il faut susciter une affaire dans l’affaire, et si nécessaire une autre affaire dans l’affaire de l’affaire, jusqu’à ce que personne n’y comprenne plus rien. »

Pour autant ce fichage rendu possible par TWITTER qui fait commerce de cette activité est inquiétant. Nous reproduisons ci-dessous un document faisant apparaitre un certain nombre de mots clés, qui n’est pas sans rappeler d’autres temps. Sujet particulièrement sensible pour nous Francs-Maçons.

L’AFFAIRE BENALLA VUE PAR MICHEL ONFRAY – L’enfant-roi couronné

L

Nous reproduisons ci-dessous un nouvel article du philosophe et essayiste français Michel ONFRAY sur ce qu’il est convenu de nommer l’affaire BENALLA. Cet article est paru sur le blog de l’intéressé. Une vidéo est accessible à partir du lien suivant.

L’ENFANT-ROI COURONNÉ

Le candidat Macron avait promis une présidence de rupture avec l’ancien monde, ce fut d’ailleurs son principal argument publicitaire – c’était sans surprise puisque tout aspirant à la fonction effectue ce genre de promesse… De meeting en meeting, il annonçait les qualités de cette présidence d’un nouvel âge. Elle serait, nous disait-il, intègre, jupitérienne, économe d’apparitions, avare de paroles, véritablement républicaine, en un mot : gaullienne.

Dans la réalité, elle s’avère aujourd’hui mafieuse, naine, verbeuse, exhibitionniste, monarchique et narcissique : c’est celle d’un enfant-roi couronné. En fait, ce jeune homme consacré par le suffrage dans les conditions branlantes que l’on sait est un mélange de Chirac pour les affaires et de Sarkozy pour la brutalité, de Mitterrand pour la filouterie et de Séguéla pour le cynisme, ou bien, remontons plus loin encore dans l’histoire, puisqu’elle semble être le modeste horizon qu’il se propose, de Louis XIV pour la mégalomanie – on ne fait pas plus vieux monde…

Macron effectue très vite le chemin qui conduit du capitole à la roche tarpéienne. Le voilà au bord du précipice où la presse, qui l’a porté jadis, semble prête aujourd’hui à le précipiter. La loi fameuse qui donne le mode d’emploi des journalistes – « lécher, lâcher, lyncher » – n’a jamais semblé autant d’actualité…

Notre président soupe-au-lait semble la découvrir, ce qui le fait très vite se mettre en colère ; il est vrai qu’il a pour lui l’excuse de l’extrême jeunesse et de la naïveté, du manque d’expérience et de la candeur juvénile, sinon d’une testostérone bien de son âge.

Mais la colère ne fait pas Jupiter : elle le défait bien plutôt quand elle surgit mal à propos, autrement dit quand le président ne la possède pas, mais qu’il est possédé par elle. Jupiter ne saurait fonctionner avec l’âme d’un enfant, fut-elle celle d’un roi.

Les faits sont connus. Mais dans notre monde devenu orwellien, ils ne sont plus qu’une variable d’ajustement. La perversion va même jusqu’à ce que les producteurs de ce qu’il convient désormais d’appeler des « fake news », autrement dit des « fausses nouvelles », soient ceux-là même qui prétendent affirmer dire vrai au moment même où ils disent faux. Les journaux qui se sont fait une spécialité d’intoxiquer disposent désormais d’une rubrique désintox  dans laquelle ils s’évertuent à intoxiquer plus massivement encore.

C’est donc dans ce monde-là que le président Macron fait merveille : celui de la production d’intox. La preuve c’est qu’il envisage, en même temps qu’une loi qui prévoit de réduire le pouvoir du parlement, un texte pour lutter contre les « fausses nouvelles » en temps de campagne électorale ! On mesure combien la vérité n’a plus rien à faire dans ce nouveau monde et combien les éléments de langage des conseillers en communication des politiques s’y substituent nullement pour le meilleur mais certainement pour le pire.

Dès lors, les informations d’abord données par les journalistes sur Alexandre Benalla sont ensuite contredites par les conseillers en communication de l’Elysée qui envoient leurs petits soldats inonder les médias avec des éléments de langage destinés à riposter afin de déstabiliser puis de reconstruire l’opinion publique.

Mais ces nouvelles vérités médiatiques concernant Monsieur Benalla qui semblent de nouveaux mensonges macroniens avancent masqués et sans preuves : sur le nombre de mètres carrés de son logement revus à la baisse, sur le montant minoré de sa fiche de paie, sur ses attributions policières et les noms de ceux qui en sont à l’origine, sur ce que permettent ou non ces accréditations sur le terrain, sur les obscures raisons d’une mission d’observation (observer quoi ? et pour le compte de qui ?), sur la mise à pied pendant laquelle il continue de travailler, sur la nature de la retenue de salaire présentée comme prélevée sur des heures effectuées dans le passé mais non créditées sur un compte, sur sa présence dans le bus des bleus mais, nous dit-on le plus sérieusement du monde, pour s’occuper des bagages des footballeurs, et sur tant d’autres choses, nous ne disposons que d’une seule et même parole présidentielle diversement modifiée. Or chacun sait ce que vaut la parole de ces gens-là – de Celui qui la profère et de ses perroquets…

Si d’aventure une commission d’enquête n’a pas pu être évitée par le roi, sa présidente (qui est député du parti présidentiel, ce qui n’a pas été jugé déontologiquement impossible, c’est dire la moralité…), sa présidente, donc, se montre, comme c’était prévisible,  juge et partie. On sent en effet à chaque minute de la retransmission publique de cet interrogatoire parodique la main de fer de l’Elysée dans ce bas de soie – au point que le co-rapporteur de la commission d’enquête quitte son poste, écœuré par ce qu’il y découvre…

L’Elysée a donc mobilisé le ban et l’arrière-ban des communicants, des habitués de cabinet de crise, des personnes habilitées à faire courir les bruits et à créer les rumeurs dans Paris, donc en France, à les lancer aux bons lieux, en présence des bonnes personnes, là où l’on sait que la propagande se répandra en métastases médiatiques. Quelques journalistes qui soutiennent éhontément le président en temps normal activent leurs réseaux et l’intoxication n’a jamais été autant avérée.

Le porte-parole de la présidence, le journaliste Bruno-Roger Petit, qui n’a jamais autant mérité que maintenant son patronyme, intervient, c’est son heure de gloire, mais pas pour longtemps car elle est suivie par une heure de honte qui suffira à en faire toute une vie sous le même signe : tout son laïus se trouve mis à mal par les informations qui suivent et s’enchaînent en cascade – même celles qui proviennent de l’Elysée, c’est dire l’état de panique. A Rome, dans ces cas-là, Monsieur Petit, on cherche de quoi être un peu grand et, pour ce faire, on recours à un poignard ou à du poison – j’entends : pour en user contre soi car, avec cette engeance, on doit toujours préciser…

Alexandre Benalla, que tout le monde a vu en majesté musclée dans ses actes, apparaît à la télévision, sur TF1, dans « Le Monde », puis dans « Le journal du dimanche » – il manque « Le jour du seigneur » et « France-Inter», mais ne désespérons pas, tout viendra en son heure.

L’homme qu’on a vu sur des vidéos casqué, déambulant comme un animal qui titube, ivre de sang, et qui cherche à empoigner, secouer, taper, cogner, mettre à terre, mais pour le bien de la République et en offrande à son président bien aimé, semble tout droit sorti de l’ENA ou de Science Po, sinon de l’Ecole Normale supérieure : bien peigné, rasé court chez un barbier de l’Elysée peut-être, il porte des lunettes, c’est mieux que la visière, un costume, c’est plus seyant que la tenue sport du milicien, il parle de façon posée en récitant la leçon écrite par les communicants et apprise par cœur, c’est mieux que les vociférations et les hurlements dans lesquels il paraît tellement à l’aise. L’homme qui fait son Joë Starr pour la bonne cause républicaine semble habillé avec un costume du vieux monde qui rappelle ceux de feu François Fillon.

Dans ce qui est présenté par le journal comme un « Entretien exclusif », Le Monde titre : « Alexandre Benalla livre ses (sic) vérités » – tout est dit ! La vérité ayant cessé d’être une, puisqu’on en affiche de multiples, la preuve est enfin apportée que la vérité est morte, qu’elle n’existe plus et que, selon les cas, il y aura un jour les vérités du bourreau, le lendemain les vérités des victimes, ensuite les vérités des amis du bourreau puis, pour faire bonne mesure, et prétendre à l’équité, les vérités des amis de la victime. Voilà pourquoi, dans sa rubrique désintox, après avoir tant donné de place aux vérités multiples, « Le Monde » donnera ses vérités qui seront celles qui permettent à ses actionnaires de se réjouir de faire partie d’une si belle aventure journalistique.

Mais, comme toujours, ce que l’on apprend n’est pas dans ce que le journal montre et qui est destiné à mieux cacher ce qu’il faut taire mais dans ses coulisses. Dans cet appartement prêté par « un journaliste reconverti dans les affaires », comme le précise sans y voir malice le quotidien du soir, se trouvait alors une certaine Michèle Marchand, dite « Mimi Marchand ». Il n’est pas dit dans l’article mondain, si je puis me permettre un néologisme, que cet homme a été convaincu d’escroquerie aux ASSEDIC (L’Express, 26.VIII.2018).

Cette femme a commencé sa carrière dans la casse de voitures, elle a eu deux maris qui ont fait de la prison, elle a régné sur des établissements bien connus des nuits parisiennes, elle a travaillé pour une revue d’amateurs d’armes, elle a été journaliste à Voici, elle a fourni nombre d’informations people à la presse du même nom, elle a été mise en détention provisoire pour une affaire de fausses factures qui impliquaient des célébrités, elle est aujourd’hui mariée avec un homme qui travaille pour les renseignements généraux. On ne sache pas qu’elle soit chargée de mission à l’Elysée, encore que, mais on sait qu’elle est une amie du couple Macron et qu’elle se trouvait avec Alexandre Benalla dans cet appartement où Le Monde avait été convoqué pour relayer la riposte élyséenne. Il est dit que ladite Mimi est responsable de la communication élyséenne de madame Macron. Du beau monde pour et avec du beau monde…

A la question posée par L’Express : que faisiez-vous dans cet endroit où se trouvait Alexandre Benalla préparant une riposte médiatique dans l’appartement de ce monsieur, elle répond : « A 19h30, j’étais de passage chez Marc Francelet, un ami de quarante ans, pour lui déposer les clés d’une location de vacances à Biarritz. Et j’ai vu le photographe du Monde qui attendait Alexandre Benalla. Je suis tombée du ciel. Je n’ai rien à voir avec tout ça. J’étais là par pur hasard. Et je suis repartie sans assister à rien ! »

Autrement dit : Mimi Marchand était aux côtés d’Alexandre Benalla chez ce journaliste recasé dans les « affaires » qui accueillait, probablement par hasard lui aussi,  un journal qui recueillait la riposte médiatique ourdie par le cabinet de l’Elysée, mais tout cela, bien sûr, à l’insu de son plein gré… Qui cela abusera-t-il ?

Mais le plus intéressant dans cette affaire n’est pas qu’il s’agisse de la banale histoire d’un jeune roi qui protège et couvre son favori en l’ensevelissant de cadeaux aux frais de la République, c’est vieux comme le monde et les Mémoires de Saint-Simon regorgent de ces puérilités, c’est ce que tout cela trahit du caractère du petit roi. Faveurs, coucheries, alcôves, prébendes, complaisances, cadeaux, privilèges, avantages, largesses, voilà qui se trouve chez tous les mémorialistes du pouvoir de tous les temps et de toutes les époques.

Ce qui se dessine actuellement c’est, pour l’Histoire dont il semble si friand, la trace et la marque qu’Emanuel Macron risque d’y déposer. Il était écrit qu’il ne la laisserait pas sur le terrain politique : depuis l’abandon de la souveraineté de la France lors du traité de Maastricht en 1992, le président de la République n’est plus que l’un des ministres de l’Etat Maastrichien. Il en est l’homme lige, l’obligé, le serviteur et le domestique. Parfois, pour croire qu’il n’en est pas le valet, il feint d’avoir écrit la feuille de route que Bruxelles lui a donné. La seule façon qu’aurait désormais un homme politique français d’entrer dans l’Histoire, ce serait de faire sortir son pays de cet Etat maastrichien qui l’a dépossédé de tous ses biens et de tous ses attributs. Mais le molosse, on le voit, dispose des armes d’un Etat non démocratique qui, depuis des années, jette au feu les volontés sécessionnistes du peuple stigmatisées comme populistes. Nous n’avons plus le choix qu’entre populistes et populicides.

Politiquement, Macron sera l’un des hommes de main de l’Etat maastrichien ; historiquement, un jeune roi trop tôt couronné auquel le pouvoir aura monté à la tête, c’était à prévoir dans notre régime de monarchie présidentielle. Lui qui prétend aimer le théâtre, il n’a jamais dû lire Shakespeare ou, s’il l’a lu, ne jamais le comprendre. Il semble plus doué pour Labiche et le théâtre de boulevard. Loin du Roi Lear du premier il joue plutôt dans Deux profonds scélérats du second.

Car ce qui restera de cette affaire Benalla qu’un crétin de communicant anonyme a résumé en un jeu de mot foireux à la Libé : « Une affaire d’été plus qu’une affaire d’Etat » en estimant que ça suffirait pour calmer le bon peuple, c’est cette sidérante phrase proférée par Emmanuel Macron devant ses affidés, et non devant la commission ou lors d’une communication de son choix à destination des français, ses sujets : « Le seul responsable c’est moi et moi seul » dit-il. (Le Point, 25 juillet 2018).

Quelles conséquences tire-t-il de cet aveu ? Aucune. Bravache, hâbleur, matamore, suffisant, prétentieux, insolent, méprisant, si peu président de la République et tellement Enfant-Roi couronné, il ajoute : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous. Qu’ils viennent le chercher ». Or il sait pertinemment que son statut juridique l’immunise : il demande qu’on vienne le chercher alors qu’il sait que l’on ne le peut pas. Courageux mais pas téméraire. Les raisins de ce jeune homme sont trop verts…

S’il avait un peu d’honneur, de bravoure et de vertu, de courage humain et politique, de valeur, mais c’est beaucoup demander à un enfant-roi qui ne connait que son caprice, il se rendrait seul et de son plein gré là où tout le monde l’attend : à la commission qu’il s’honorerait de faire présider par tout autre qu’un élu de son propre camp et il y répondrait aux questions qu’on lui poserait.

Pour l’heure, ce fanfaron en rajoute. Car, dans le même lieu, la Maison de l’Amérique latine, devant les mêmes élus godillots, il croit bon d’ajouter : « Alexandre Benalla n’a jamais été mon amant » (Le Parisien, 25 juillet 2018). Pour quelle étrange raison s’est-il crû obligé de préciser une pareille chose alors qu’il semble qu’aucun autre président de la Cinquième République n’a eu besoin de préciser ce genre de chose ? Pourquoi, en effet ? « Parce que » répond l’enfant-roi…

 

Scroll Up